16/10/11À la fortune des Bleus

 

Incapables de profiter de leur supériorité numérique après l’expulsion de Warburton en début de match, les Français ne doivent leur salut qu’à leur solidarité défensive et beaucoup de réussite. Les voilà en finale, pour la 3 e fois de leur histoire. Qui aurait pu imaginer un pareil destin au soir de l’humiliante défaite contre les Tonga ?

“Nul n’est plus chanceux que celui qui croit à sa chance !” Alors cette équipe de France n’a pas fini d’épater le monde. Portée par un destin singulier, elle qui a su remporter un match qu’elle n’aurait jamais dû gagner. Des Bleus qui se retrouvent aujourd’hui en finale sans l’avoir pleinement mérité. “Il y a des matches comme ça, on ne sait pas pourquoi, mais on les gagne”, souriait après coup Fabien Barcella. “On n’a pas été bons. Une pâle équipe de France, très médiocre. Mais on s’est battus. Et cette solidarité, qu’on n’avait pas au début, c’est elle qui nous fait gagner aujourd’hui.”

La dernière séquence défensive résume à elle seule cet acharnement à ne pas mourir. Quand les Gallois multiplièrent les temps de jeu – 26 au total – pour faire craquer les Français. Ceux-ci, héroïques et disciplinés, repoussèrent un à un les assauts adverses alors que l’horloge de l’Eden Park était figée depuis plus d’une minute. “Là, c’était intense”, reconnaît Lionel Nallet. “Cette volonté de rien lâcher, de rester en ligne sans se faire pénaliser dans les rucks, de s’encourager constamment. C’était extraordinaire.”

 

Une fraternité dans la souffrance que Thierry Dusautoir, capitaine exemplaire, résume ainsi. “On n’a pas beaucoup de talent, mais on a du cœur et parfois, ça peut suffire pour aller en finale.” Gatland : “Une décision arbitrale qui détruit cette demi-finale”

Incroyable scénario, quand on y pense, que ce match terriblement crispé. Entre deux équipes qui ont tout fait pour avantager l’autre et qui, au final, se séparent sur un coup de dés.

Un coup du sort. Favorable à l’une. Défavorable à l’autre. Sans qu’on sache vraiment laquelle faut-il blâmer le plus dans ce marché de dupes.

Les Gallois vont regretter amèrement toutes ces occasions manquées.

Cette transformation qui s’écrase sur le poteau après l’essai de Phillips à l’heure de jeu. Ou cette pénalité qui vient mourir sous les perches à cinq minutes de la fin. Eux qui ont fait preuve d’une volonté admirable alors qu’ils évoluèrent en infériorité numérique les trois-quarts du match.

Sam Warburton, quant à lui, va longtemps ressasser son “plaquage cathédrale” à l’encontre de Vincent Clerc.

Un geste proscrit, synonyme de carton rouge dès la 18 e minute de jeu.

Warren Gatland, son coach avait beau regretter “une décision arbitrale qui a complétement détruit cette demi-finale”, c’est bien le manque de maîtrise de son jeune capitaine qui fut le premier tournant de la rencontre.

Mais pas le dernier ! Car c’est la France qui sembla la plus pénalisée par cette sentence, incapable de profiter de l’aubaine pour porter l’estocade. Clerc : “On a tellement voulu assurer qu’on a joué petit bras”

“On a joué à l’envers”, regrettait, après coup Julien Bonnaire. “On a tellement voulu assurer qu’on a joué petit bras” confirmait Clerc. Ce que Lionel Nallet résumait de manière prosaïque. “On a eu peur tout simplement.”

Tétanisés les Français ! Incapables de la moindre action construite. Rendant invariablement le ballon au pied à des Gallois qui n’en demandaient pas tant. Dix fois, les Dragons auraient pu en profiter, mais dix fois, ils vendangèrent. Bêtement ! Que ce soit à la main ou au pied, devant des Bleus amorphes, ne sachant plus quelle stratégie adopter. Si ce n’est défendre comme des morts de faim le maigre pécule qui leur restait.

Les voilà aujourd’hui en finale. Vingt-quatre ans après la bande à Blanco. Et douze ans après celle d’un certain Marc Lièvremont.

Ce dernier pouvait ironiser, “on manque de beaucoup de choses, sauf qu’on est en finale”, il a gagné son pari. Et personne ne peut jurer que cette improbable résurrection ne finisse pas sur le toit du monde.



 


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